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ABM avec Google Ads : quand ça a vraiment du sens

ABM sur Google Ads : ce que tu peux vraiment cibler, pourquoi le ciblage par entreprise n'existe pas et à partir de quel panier ça se justifie.

Lionel Fenestraz · 2 septembre 2026 · 12 min de lecture · Mis à jour : septembre 2026
Salle de réunion avec une personne examinant des campagnes sur un portable
Dans cet article

Un client éditeur de logiciels industriels m’a demandé de reproduire dans Google Ads la liste de 200 comptes que ses commerciaux travaillaient sur LinkedIn. Même logique, même ambition : choisir les entreprises, ne montrer les annonces qu’à elles, mesurer par compte. C’est impossible. Google Ads n’a pas de ciblage par entreprise, ni par secteur de l’employeur, ni par effectif, et le catalogue des types de segments d’audience le montre bien : affinités, segments personnalisés, données démographiques détaillées, événements de vie, intention d’achat, tes données et segments similaires. Aucun n’est firmographique.

Ça ne ferme pas la porte à l’ABM. Ça la déplace. Ce que Google apporte à un programme de comptes nommés, ce n’est pas la sélection, ton CRM l’a déjà faite, mais la couverture de la demande que ces comptes génèrent seuls quand quelqu’un à l’intérieur cherche. Cet article traite de cette frontière et du volume d’affaires à partir duquel le travail se rentabilise. La stratégie B2B complète est dans mon guide de génération de leads B2B ; ici je ne parle que de ciblage.

En 30 secondes :

  • Google Ads ne propose pas de ciblage par entreprise. Aucun de ses types de segments d’audience n’est firmographique.
  • La liste de clients s’en approche le plus : elle compare des hachages à des comptes Google, pas à des domaines d’entreprise.
  • Les adresses IP ne peuvent qu’être exclues, 500 au maximum par campagne. Elles ne servent pas à cibler.
  • Google ne restreint pas les marques tierces comme mots clés, ce qui fait des termes concurrents le levier ABM le plus honnête sur Search.
  • Pour diffuser, une liste a besoin d’au moins 100 utilisateurs actifs sur les 30 derniers jours.

Peut-on vraiment faire de l’ABM sur Google Ads ?

Pas au sens strict d’une équipe commerciale. L’ABM consiste à figer une liste de comptes et à y concentrer le budget. Sur LinkedIn, c’est un champ du formulaire. Sur Google Ads ce champ n’existe pas, et je vois depuis des années cette attente se fracasser sur l’interface, en général devant quelqu’un qui l’avait promise à son comité.

La différence de fond, c’est ce que chaque plateforme sait. LinkedIn sait où les gens travaillent parce qu’ils le lui racontent. Google sait ce qu’ils cherchent. Deux signaux distincts, et aucun ne se convertit en l’autre.

Accepte la conséquence tout de suite. Sur Google, ce n’est pas toi qui choisis le compte : c’est lui qui te choisit en cherchant. Position réactive, inconfortable pour les équipes venues de l’outbound, et c’est exactement pour ça que le canal performe quand il performe, parce que celui qui tape « logiciel maintenance prédictive prix » a un problème aujourd’hui et pas dans deux trimestres. La vraie question n’est donc pas de savoir si Google Ads fait de l’ABM, mais quelles couches de ton programme il couvre. Si tu pars de zéro, l’approche de base est dans Google Ads pour le B2B.

Qu’est-ce qui se cible et qu’est-ce qui ne se cible pas ?

Quatre leviers réels. Et une longue liste de choses qu’on suppose sans vérifier. Je commence par la carte, parce que la plupart des discussions sur l’ABM dans Google Ads se règlent en la regardant une minute.

LevierCe qu’il donne vraimentLimite dureQuand je l’utilise
Marque et concurrentsCapter qui nomme ta catégorie ou un rivalTu ignores l’entreprise derrièreToujours, c’est la base
Liste de clientsToucher des personnes de tes comptes si l’e-mail correspondComptes Google, pas domainesCRM propre et base large
Remarketing par pageSuivre qui a atterri sur une page que toi seul diffusesL’entreprise reste inconnueQuand l’outbound tourne
Segments similairesÉlargir vers des profils proches de tes clientsProspection, plus ABMSi la liste est courte
Exclusion d’IPRetirer ton bureau ou un concurrent connuExclut seulement, 500 par campagneHygiène, pas ciblage

Ce qui n’existe pas mérite d’être dit à voix haute. Pas de ciblage par domaine d’e-mail, pas de fonction, pas de taille d’entreprise. Pas de ciblage IP non plus : Google permet d’exclure jusqu’à 500 adresses IP par campagne, et cette fonction retire les annonces de certains endroits. Jamais l’inverse.

Le levier le plus rentable est souvent le moins ABM de tous : les termes concurrents. La politique sur les marques est explicite et place leur usage comme mots clés parmi ce que Google Ads ne restreint pas. Tu peux enchérir sur le nom du fournisseur qu’utilisent tes comptes cibles, à la seule condition de ne pas l’écrire dans l’annonce. Presque tout le monde rate cette nuance la première fois.

Reste un avertissement. Applique ta liste en mode ciblage sur une campagne Search qui performe déjà et le trafic s’effondre ; la mécanique est dans l’audience layering sur Google Ads.

Pourquoi la liste de clients rend-elle moins en B2B ?

Parce que la correspondance ne se fait pas contre l’entreprise. Elle se fait contre la personne, précisément contre son compte Google. Quand tu importes un fichier, Google transforme les données en codes avec l’algorithme SHA256 et les compare à ceux des comptes Google, hachés eux aussi. La page le dit sans détour : il y a souvent des informations clients qui ne correspondent pas.

En B2C ça marche raisonnablement : l’adresse donnée par le client est souvent celle de son Gmail. En B2B, l’adresse du CRM est professionnelle. Elle correspondra si ce domaine tourne sur Google Workspace, ou si la personne a un jour enregistré cette adresse sur un compte Google. Si l’entreprise tourne sur Microsoft 365 et que le contact n’a jamais touché un produit Google avec, il n’y a rien à apparier. Ce n’est pas un défaut de ton fichier. C’est le mécanisme, et d’expérience c’est là que la plupart des plans ABM B2B se défont.

D’où ce que je recommande avant de construire : importe la liste et lis le taux de correspondance, que Google définit comme le pourcentage de la liste importée pouvant être associé à des utilisateurs Google. Si ça correspond mal, tu t’épargnes un mois d’attentes.

Il y a aussi des exigences qui ne dépendent pas de toi. Google demande un bon historique de conformité et un bon historique de paiement, et réserve le ciblage complet avec ajustements d’enchères aux comptes ayant plus de 90 jours d’historique et plus de 50 000 USD dépensés. Compte fraîchement ouvert, levier indisponible.

L’appartenance expire aussi. Google plafonne la durée à 540 jours et exige qu’au moins 100 membres aient été ajoutés ou mis à jour sur les 540 derniers jours pour que la liste reste éligible. Un export importé une fois puis oublié s’éteint seul. Branche l’import sur le flux de tes conversions hors ligne depuis le CRM.

Quelle taille de compte justifie de le monter ?

Il y a un plancher technique et un plancher économique. Le technique tue plus de projets. Pour diffuser avec un segment de données, la liste doit compter au moins 100 visiteurs ou utilisateurs actifs sur les 30 derniers jours sur Search, Display et YouTube. Regarde avec 50 comptes cibles : il te faudrait deux contacts actifs par compte, tous avec des adresses qui correspondent, tous actifs le même mois. Ça arrive rarement.

L’économique est plus souple mais tout aussi réel. Maintenir cette couche coûte des heures : nettoyer le CRM, automatiser l’import, construire des landings, vérifier les correspondances, lire des résultats minuscules. Elles se paient seules quand un contrat vaut des dizaines de milliers d’euros et que le cycle dure des mois. Sur un panier à trois chiffres, non. Ça vaut une après-midi par mois pour une audience de 140 personnes ? Ça dépend de ce que vaut d’en signer une.

Ma règle admet des exceptions : sous 300 contacts identifiés dans le CRM, je préfère mettre cet effort sur les mots clés concurrents et sur la landing. Au-dessus, ça se tient. Au-delà de quelques milliers, c’est du remarketing ordinaire. Pour vérifier les chiffres, le cadre du coût par lead B2B vaut mieux que n’importe quel benchmark sectoriel.

Comment je monte la couche ABM quand elle se justifie ?

Dans cet ordre, et l’ordre compte parce que chaque étape dépend de la précédente :

  1. Exporte et nettoie la liste du CRM. E-mail et téléphone : Google recommande d’ajouter autant de clés de correspondance que possible, et en B2B le mobile rattrape des contacts que l’adresse professionnelle perd.
  2. Importe-la et lis le taux de correspondance. C’est le vrai point de décision. Si ça correspond mal, arrête-toi là.
  3. Applique-la en observation, jamais en ciblage, sur les campagnes Search qui fonctionnent déjà.
  4. Monte les campagnes concurrents à part, budget propre et annonces qui ne nomment pas la marque adverse.
  5. Crée des landings pour les comptes cibles et ne les relie pas au menu. Le remarketing de cette page ne récupère alors que ceux venus par ton outbound. La structure est dans les landing pages B2B.
  6. Boucle avec les conversions hors ligne. Sans ça tu optimises sur des formulaires, pas sur des opportunités.
  7. Analyse à 90 jours, pas à 15. Sur de petits volumes, la lecture hebdomadaire n’est que du bruit.

L’étape cinq est celle qui m’a le plus rapporté et celle que presque personne ne fait. Une URL que seuls les commerciaux diffusent par e-mail transforme cette liste de visiteurs en la meilleure approximation d’audience de comptes nommés que tu obtiendras. Tu ignores l’entreprise. Tu sais comment ils sont arrivés. La mécanique est dans mon guide du remarketing sur Google Ads.

Quelles erreurs je vois revenir ?

Trois, toujours les mêmes.

La première, croisée dans presque chaque audit, c’est de traiter la liste de clients comme la liste d’entreprises. Elle ne l’est pas. C’est une liste de personnes qui apparaîtront ou non, et tout plan supposant une couverture complète des 200 comptes est bâti sur du sable. La deuxième, c’est d’appliquer un ciblage strict à des campagnes Search qui marchaient : le volume chute, l’algorithme perd son signal, et quelqu’un demande où sont passés les leads.

La troisième, c’est de mesurer ça comme un e-commerce. Avec des audiences de quelques centaines de personnes et des cycles longs, le CPA hebdomadaire ne dit rien. Ce qui dit quelque chose, c’est combien de comptes cibles sont entrés dans le pipeline sur le trimestre, et tu ne le sais que si ta qualification de leads est reliée à l’annonce. Le modèle que j’utilise est dans le lead scoring B2B.

Questions fréquentes

Peut-on cibler des entreprises précises sur Google Ads ?

Non. Google Ads ne propose aucun segment d’audience firmographique : ni entreprise, ni secteur de l’employeur, ni effectif. Le plus proche reste la liste de clients, qui touche des personnes précises de ton CRM quand leur e-mail ou leur téléphone correspond à un compte Google, plus le remarketing sur des landings que seuls tes commerciaux diffusent.

Peut-on cibler une adresse IP pour atteindre un bureau ?

Non. Google Ads permet seulement d’exclure des adresses IP, 500 au maximum par campagne, et la fonction sert à retirer les annonces de certains endroits. L’opération inverse n’existe pas. Je m’en sers pour sortir le bureau du client du décompte d’impressions : de l’hygiène de compte, pas une tactique ABM.

Combien de contacts faut-il pour que la liste fonctionne ?

Pour diffuser, un segment de données a besoin d’au moins 100 visiteurs ou utilisateurs actifs sur les 30 derniers jours sur Search, Display et YouTube. En pratique il en faut nettement plus, car une partie seulement de tes adresses professionnelles correspondra à des comptes Google. Sous quelques centaines de contacts, ça ne tient généralement pas.

Puis-je enchérir sur le nom de mes concurrents ?

Oui. La politique de Google sur les marques place leur usage comme mots clés parmi ce que Google Ads ne restreint pas. Ce qui reste restreint, c’est la marque adverse dans le texte de l’annonce. C’est l’un des leviers les plus utiles en B2B, même si les clics sont souvent chers et se mesurent contre des opportunités, pas contre des formulaires.

L’ABM sur Google Ads vaut-il le coup si j’investis déjà sur LinkedIn ?

Ça dépend du panier et du volume de recherche de ta catégorie. LinkedIn couvre la sélection des comptes, que Google ne sait pas faire. Google couvre le moment où quelqu’un de ces comptes cherche une solution, invisible pour LinkedIn. Ils s’entendent mal si tu attends la même chose des deux, bien si tu donnes à chacun son étape.

L’ABM sur Google Ads est une couche, pas un canal

En le montant plusieurs fois, j’ai appris que la valeur tient à accepter la limite tôt. Google ne te donnera pas la liste d’entreprises. Il te donne la recherche, signal plus tardif et plus chaud, à renforcer avec ce que tu sais de tes clients. Celui qui arrive en espérant LinkedIn avec un autre logo finit par accuser le canal, et j’ai dû en calmer plus d’un.

Avec un panier élevé et une base large, la couche tient : tu récupères les comptes qui s’activent seuls, tu renforces sur ceux qui te connaissent, et tu ne laisses pas les termes de tes concurrents à tes concurrents. Avec un petit panier, le montage coûte plus d’heures qu’il n’en rend. Le dire est plus honnête que le facturer.

Si tu veux que je regarde ton cas, dis-moi combien de comptes cibles tu as et ce que vaut d’en signer un, réserve 30 minutes de consulting et je te dirai si la couche tient ou si ton argent rend plus ailleurs.

Lionel Fenestraz — Consultant Google Ads & Meta Ads Freelance
Lionel Fenestraz
Consultant PPC & CRO Freelance · Google Partner · CXL Certified · Google Ads Search Certified
Plus de 7 ans à gérer des campagnes Google Ads et Meta Ads pour des marques de location saisonnière, B2B et ecommerce. Trilingue ES/EN/FR.
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